26’
Thalassa
Réalisation :
Hubert Dubois &
Nicolas Ebnother
© mano a mano 2001
Les ¾ du caviar consommé dans le monde sont d'origine illégale. Alors que la production officielle globale est de 200 tonnes par an, le volume du braconnage est estimé à au moins 10 fois plus. Achetés aux braconniers de la Caspienne pour environ 40 euros (260 FRF) le kilo, les précieux œufs noirs se revendent jusqu'à 3800 euros (25 000 FRF) le kilo en France. Aujourd'hui l'intensité du trafic de caviar menace l'existence même de l'esturgeon, le poisson dont il est issu. La République du Daghestan, à l’intérieur de la fédération de Russie, est un haut-lieu du braconnage de l'esturgeon et de production de caviar illégal à l'intérieur de la Fédération de Russie. La pêche à l'esturgeon y est totalement interdite mais, toute l'année, des centaines de braconniers s'aventurent quotidiennement en mer sur leurs barques avec un seul but : ramener quelques poissons dont ils revendront la chair et le caviar pour pouvoir nourrir leur famille. Au Daghestan le braconnage représente une ressource vitale pour une partie de la population victime de l'effondrement du système économique soviétique. Il se pratique avec la complicité d'une partie des autorités locales, sous-payées et compatissantes. Seuls les gardes-frontières fédéraux semblent échapper à la corruption ambiante. Ils emploient la force pour faire appliquer l'interdiction de pêche à l'esturgeon et affrontent régulièrement l'hostilité de la population. Si la pêche continue au rythme actuel, certains spécialistes prévoient la disparition des esturgeons de la Caspienne d'ici vingt ans. Sous la pression de la Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées d'Extinction (CITES), les quatre pays de l'ex-URSS bordant la Mer Caspienne affirment être prêts à prendre rapidement des mesures radicales pour lutter contre les prises illégales d'esturgeons et le commerce illégal du caviar. Mais en auront-ils les ressources ?